« Lutter » contre le réchauffement climatique

Photo de fabian jones sur Unsplash

L’expression « lutter contre le réchauffement climatique » ne m’avait pas tellement frappé jusqu’à présent. En la lisant dans un article de journal, je me suis demandé pourquoi elle était autant employée, en français comme en anglais (fighting, tackling climate change). Le changement climatique est-il un « ennemi » ? Une menace pour l’humanité, certainement, mais la source de cette menace n’est-elle pas l’humanité elle-même, plus spécialement sa croissance ainsi que la compétition pour le développement et l’acquisition de richesses ?

En 2020, pendant les périodes de confinement, je m’étais étonné de l’emploi d’un vocabulaire guerrier par l’exécutif français. Après tout, « le virus » n’a pas été vaincu, ni aucun de ses variants, des moyens de nous en protéger ont été développés.

L’idée de lutter contre un danger, quelle qu’en soit sa nature, manifeste combien les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont envisagés spontanément sous l’angle des oppositions. C’est comme si la conceptualisation d’un ennemi commun constituait la seule possibilité d’unifier les volontés et de partager un même but. Cependant, lorsque cet ennemi n’est autre que l’humanité, masquée sous l’apparence de phénomènes (le réchauffement et ses conséquences) dont elle se situe à l’origine, on peut se demander si la métaphore n’est pas également la manifestation d’un cercle vicieux : la lutte, censée éteindre l’incendie, est une cause de celui-ci.


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